21 octobre 2021

Projet d’entreprise : comment déterminer si une idée peut être viable ?

Tout projet commence par un concept, une idée directrice. Un produit final est souvent associé à ce point de départ. Cela ne signifie pas pour autant que chaque action doit être mise en œuvre n’importe comment. Pour commencer, vous devez déterminer si la réalisation d’un projet est économiquement faisable.

Ce type d’analyse coûts-avantages est toujours subjectif, car il s’agit souvent d’imaginer ou de pré-budgéter des sommes qui peuvent paraître abstraites. Par exemple, l’entreprise A peut juger impossible de réaliser le projet en raison d’un manque de ressources, alors que l’entreprise B peut le trouver simple car elle bénéficie de certaines compétences ou ressources internes.

En tant que chef de projet, vous devez avoir la confiance nécessaire pour dire quelque chose comme cela ouvertement, ou même oser bricoler la proposition de projet et présenter une contre-proposition viable. Une analyse coûts-avantages détermine si quelque chose est faisable ou non.

Quelle est la définition d’une analyse coûts-avantages ?

Une analyse coûts-avantages est, comme son nom l’indique, un examen des coûts et des avantages d’un projet. En d’autres termes, on examinera les coûts d’un projet et on les comparera aux avantages/bénéfices qu’il procurera. Il est essentiel d’avoir une idée claire des coûts, ainsi que de tous les avantages (qui ne sont pas toujours faciles à exprimer en termes monétaires).

L’analyse coûts-avantages peut vous aider dans de nombreux domaines, notamment à :

  • Calculer les ressources nécessaires pour mener à bien le projet (des fonds externes peuvent être nécessaires).
  • Déterminer la marge bénéficiaire et, par conséquent, établir des critères pour décider si le projet a été un succès ou non.
  • Définir clairement les objectifs du projet (buts du projet qui sont proportionnels aux bénéfices).
  • Déterminer si le projet sera réalisé ou non.
  • Décider si le projet aura la priorité sur d’autres projets, etc.
  • Identifier les avantages d’un projet
  • Identifier des blocages techniques ou conjoncturels qui se poseront lors des étapes suivantes (consolidation du projet, scalabilité, ressources et personnel nécessaire, taille du marché, saisonnalité, etc)

Attention à ne pas « surgonfler » le volume et la qualité des avantages

C’est ici que vous allez déterminer tous les avantages du projet. Une partie importante des avantages peut être quantifiée. Ensuite, on prévoit soit une augmentation des revenus, soit une diminution des coûts d’exploitation. Un promoteur ou organisateur de voyage qui crée un nouveau type de ferry capable de voyager encore plus vite ou d’accueillir plus de passagers pourra envisager les avantages suivants :

  • En raison de la capacité accrue de ce nouveau ferry, davantage de billets seront vendus.
  • Les prix des billets sont plus élevés en raison de la réduction de la durée des trajets.
  • Les frais de personnel sont moins élevés en raison de la réduction des temps de trajet.

Cependant, se concentrer uniquement sur ces avantages monétisés est incorrect. Il existe fréquemment des avantages supplémentaires qui ne peuvent être décrits qu’en partie ou de manière très restreinte en termes monétaires, tels que :

  • Le moral du personnel s’est amélioré (meilleure productivité, marque renforcée, etcetc.)
  • La concurrence a reçu un coup de massue (plus de possibilités de croissance à long terme)
  • L’intérêt des médias (publicité gratuite)

Attention, ces avantages supposeront aussi des inconvénients. Par exemple, un plus gros bateau signifiera aussi davantage de personnel à bord, des dépenses accrues en terme de carburants ou encore en entretien. Ne voyez pas les avantages qu’à court terme, sans quoi vous risquez d’oublier un grand nombre de petits éléments négatifs, ce qui peut compléter fausser votre vérification de la faisabilité du projet et vos calculs en matière de rentabilité !

Coûts à court terme et à moyen/long terme

En matière de coûts, voici quelques idées de coûts à court terme :

  • Le prix des matériaux que vous devrez acheter.
  • Le prix de la recherche
  • Les coûts de livraison
  • Les coûts d’entretien
  • Provisionner aussi 10% de coûts imprévus et/ou de trésorerie de « secours » – cela risque fort d’être utile, surtout lors du lancement du projet !

Cependant, il faut tenir compte de conséquences moins visibles, qui ne se révèlent généralement que plus tard dans la vie de votre projet. Le plus important est de réfléchir aux dépenses et aux bénéfices sur une longue période de temps. Voici quelques exemples de coûts à moyen/long terme :

  • Les coûts engendrés par le fait de prendre du retard sur la concurrence.
  • Coûts des occasions manquées (perte due au fait que les ressources n’ont pas été investies ailleurs)
  • Coûts de la déflation / des prêts / des flux monétaires
  • Coûts qui pourraient être encourus si le résultat n’est pas à la hauteur de vos espérances et éventuels surcoûts liés à un fort succès (production différée, envois rapides et plus coûteux, campagnes de communication supplémentaires, etc)

Analysez, comparez et… prenez du recul

Enfin, vous devez peser les dépenses et les bénéfices. Il faut établir plusieurs comparaisons, et non une seule. En fin de compte, il s’agit généralement d’estimations, et le résultat est fortement influencé par la période sur laquelle nous estimons et la manière dont les hypothèses (par exemple, quand le résultat sera-t-il dépassé ?) sont étoffées.

Bien entendu, seuls les scénarios les plus réalistes doivent être envisagés. C’est pour cette raison qu’il faut prendre du recul et solliciter des personnes extérieures à votre projet pour avoir leurs propres avis. Cela vous aidera sans doute à relativiser le volume et la qualité des avantages tout comme à relativiser l’éventuelle masse des dépenses/ennuis/imprévus que vous voudrez à tout prix anticiper !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *